Recherche de publications

LOGO

Problématique de la prise en charge du Laparoschisis au Centre Hospitalier Universitaire Pédiatrique Charles De Gaulle de Ouagadougou : bilan de 4 ans et facteurs pronostiques


Auteurs: 

SYP Kambou, DS Yonli, J Konvolbo, D Ouedraogo, SF Ouedraogo, I Ouedraogo


Date de publication : 

30-Sep-2026

Résumé

Introduction : le laparoschisis est la deuxième malformation de la paroi abdominale par ordre de fréquence après l’omphalocèle et constitue une urgence chirurgicale néonatale. Son pronostic reste sombre en Afrique subsaharienne. L’objectif de ce travail est de décrire les aspects épidémiologiques, thérapeutiques et pronostiques du Laparoschisis au Centre Hospitalier Universitaire Pédiatrique Charles De Gaulle (CHUP-CDG) de Ouagadougou. Méthodologie : il s’agissait d’une étude de cohorte prospective, descriptive et analytique avec suivi des nouveau-nés de l’admission à leur issue, menée du 01 avril 2018 au 31 mars 2022 dans le service de chirurgie pédiatrique du CHUP-CDG. Ont été inclus tous les nouveau-nés admis pour laparoschisis durant la période. Les données ont été analysées avec Epi Info dans sa version 7.1.5.0. Le test de Khi² ou le test exact de Fisher a été utilisé selon les effectifs, l’association avec le décès étant exprimée en odds ratio (ou risque relatif) avec son intervalle de confiance à 95% (IC95%), avec un seuil de signification fixé à p<0,05. Résultats : cinquante-sept cas ont été colligés, soit une fréquence hospitalière de 14,25 cas par an. Le sex-ratio était de 0,96. L’âge moyen des mères était de 22,66 ans. Le diagnostic anténatal n’a été posé que dans un cas sur 57 (1,75%) malgré la réalisation de l’échographie obstétricale chez 26,3% des mères. Le poids moyen de naissance était de 2284 g avec 57,9 % de nouveau- nés de faible poids de naissance (<2500g). Le délai moyen de prise en charge chirurgicale était de 28,3 heures. Trente sept patients (64,9%) ont été opérés. Parmi eux, la technique chirurgicale a consisté en : la fermeture primitive chez 40,5 %, la technique du silo modifié au préservatif féminin chez 51,3 %, la technique de Shuster chez 5,4 % et la technique de Gross 2,7%. La mortalité globale était de 80,7% (46 cas/57) dont 20 décès avant la chirurgie et 26 décès postopératoires. Le faible poids de naissance (OR=6,00; IC95%: 1,41-25,48; p=0,019) et la classification de Lefort et Borde (mortalité maximale dans le type II : 93,5%; p=0,014) étaient associés au décès; aucun type IV n’a été observé. La mortalité était de 100% (19/19) après utilisation du silo modifié contre 33,3% (5/15) après fermeture primitive (p<0,0001) association probablement confondue par la gravité des formes ayant motivé le recours au silo. La dénutrition (41,3%) et le choc septique (34,8%) étaient les principales causes de décès. Conclusion : la mortalité des cas de laparoschisis demeure très élevée au CHUP-CDG. L’absence de diagnostic anténatal et l’indisponibilité de la nutrition parentérale pédiatrique sont des contraintes plausibles et importantes du contexte, mais leur contribution causale à la mortalité n’a pas été démontrée par la présente analyse : elles sont présentées comme des hypothèses à documenter. Le renforcement du dépistage anténatal, l’équipement en dispositifs de silo standardisés et l’accès à la nutrition parentale sont des leviers prioritaires à évaluer dans d’autres études prospectives.

Mot-clés :

Laparoschisis, Nouveau-Né, Chirurgie Pédiatrique, Pronostic, Burkina Faso

Autres détails
Volume 2 (2026)
Numéro 3
DOI 10.70065/2623.jaccrSurg.003L023009
Actions